La conception d’un site web ne s’improvise pas. Tout le monde est d’accord là-dessus (pas vous ?).
L’une de mes dernières expériences au sein d’une agence est emblématique d’une certaine façon de concevoir le web. Comme un relais de rentabilité du “off-line” dans le meilleur des cas, comme un produit d’appel au pire. Force est de constater une méconnaissance des mécanismes et des enjeux du web. A cela s’ajoute une absence totale de vision de ce que peut être l’outil internet. La fonction commerciale est au cœur de la relation client ; elle peut être une force pour l’entreprise comme sa pire ennemie.
À de nombreuses reprises, il m’a été donné de travailler avec des commerciaux. S’il est une considération “number one” pour ces chères têtes blonde (pas toutes hein !) c’est bien le montant du budget qu’elles viennent d’arracher. A ce stade, le travail à réaliser n’est plus qu’une formalité, qu’un brief s’il y en a un, saura initier.
Ainsi donc il est possible de concevoir, de créer un site, avec comme seul ligne d’horizon le montant du budget récolté.
Extrait :
* Perso 1 : Fait pêter pour 10 000 € de site
* Perso 2 : Qu’est-ce que le client veut faire, quel est sont objectif ?
* Perso 1 : On s’en fout on a 10 000 € à dépenser… mais faut que ça se fasse vite hein !
A se stade de l’absence de la réflexion, on voit bien que l’alpha et l’omega est ,et restera, la marge brute. Marge brute dont chacun sait qu’elle est inversement proportionnelle au temps de conception/réalisation.
* Perso 2 : Silence dubitatif devant ce choix visionnaire…
qui propulsera, à défaut de la reconnaissance des pairs devant la qualité du travail accompli, le résultat financier de cette agence à un niveau stratosphérique.
Stratégie, positionnement, service rendu, qualité du contenu… que nenni mon ami. Puisqu’on vous dit que le plus important c’est d’y être.. où ça… sur le net bien sûr. Le net devient onthologiquement le lieu commun de la modernité et du “IN”.
Ayant vécu ces situations (et d’autres similaires) à plusieurs reprises, je me décide à ouvrir un blog traitant de conception web. Avec un parti pris : celui de démontrer qu’un site internet ne se résume ni à sa dimension graphique, ni à sa technologie : il n’est pas réductible à la simple somme des savoir-faire qui y sont incorporés. Dans cette perspective, il [pré]suppose un nécessaire travail de réflexion en amont et en aval. La conception centrée sur l’utilisateur[trice] permet d’aller dans ce sens.
Au fait, à quand remonte vos derniers tests utilisateurs ? Avez-vous introduit les résultats de ces tests dans votre démarche actuelle ? Et vos clients, qu’en pensent-ils ?
Avec dans mon prochain billet une introduction à la question que tout le monde se pose : qui a tué Laura Palmer ? Zut, je m’a suis trompé de question. Reformulons donc en “La conception centrée utilisateurs : pour quoi faire ?”.
Et la traduction pour nos [nombreux] amis anglophonne “Centric User Design : what a fucking way”.
Rappelons ici à nos amis lecteurs, qui tout comme moi auraient “manqué” leur cours de langue vivante (sic), que le terme “design” signifie “conception” dans la langue de Shakespeare.
Dame Tartine… en rajoute une couche