Archive pour la catégorie 'méchant'

Intermediation : où l’art de foutre un projet en l’air

Vendredi 12 septembre 2008

intermediation

Le titre est un poil racoleur je vous l’accorde. Néanmoins, il a comme principale vertue de “mettre les pieds dans le plat”.

Dans nos métier où l’expérience permet bien souvent d’envisager la plupart (pas tous) des problèmes à venir et les solutions à mettre en œuvre pour les éviter , “bien se faire comprendre” est une gageure. Force est de constater qu’en la matière, l’intermédiation est véritablement un fléau : le furoncle de la production web.

Par intermédiation j’entend un acteur économique (au hasard, une agence web) qui est en relation directe avec un donneur d’ordre (le client), et qui fait appel pour moultes raisons, bonnes ou mauvaises, à un autre acteur économique (généralement une autre agence web plus petite) qui elle même fait appel à un acteur economique plus petit qu’elle : j’ai nommé le freelance.

Résultat des courses, nous nous retrouvons dans une situation dans laquelle les interlocuteurs :

  • ne sont pas décisionnaires ; “je vais demander à X qui validera une foi que le client final lui aura donné sont aval”.
  • ne connaissent pas réellement les desiderata du client ; l’information est rarement de première main et est donc déformée
  • ne savent à aucun moment imposer un style ou une manière de faire le web ; il s’agit ici de faire : des boîtes de conserves, des sites internet, des aspirateurs (rayer la mention inutile). L’objet à “faire” est ici totalement interchangeable.
  • ont des demandes à courte durée de vie - jusqu’à ce que l’intermédiaire de niveau supérieur ne change d’avis - et farfelues ; menu à trois niveaux
  • manquent d’expérience (de bouteille dirons-nous) dans la gestion de projet

C’est pas bioutifoul ça, elle est pas belle la vie… ahhhh Claude si tu peux nous lire d’où tu es…

Par ailleurs, il n’y a aucun suivi sur la manière dont votre travail sera ou non reçu. Ni même aucune garantie sur son utilisation ; ce qui est extrêmement frustrant. Vous vous enquiquinez à faire un code valide quasi immédiatement plombé par un autre intervenant qui ne s’embarrasse pas de validation.

Il n’est déjà pas évident de présenter un travail, un point de vu avec un client en directe, alors je vous laisse imaginer ce que cela peut donner ne serait-ce qu’avec deux niveau. C’est le monde des SHADOKS.

Rigolo vu de l’extérieur. Mais quand vient son tour de pomper… c’est une autre histoire

Mon expérience me montre qu’il n’est jamais bon d’arriver sur un projet déjà bouclé où l’on vous fais faire des “pièces du puzzle”. Si vous êtes comme moi et avez besoin (d’un point de vue intellectuelle et pour la motivation) de connaître les choix et décisions qui président à l’existence d’un projet, fuyez ces propositions… sauf si vous avez besoin de vous payer l’assiette dans laquelle vous mettrez, peut-être, du beurre et des épinards (ça c’est pour plus tard)…

Dame Tartine en rajoute une couche…

Le web 08 - Off

Lundi 28 juillet 2008

Le rendez-vous “web 08″ est à l’économie du net ce que Davos est à l’économie réelle. Pour en savoir plus, à vos moteurs de recherche.

Compte tenu des tarifs d’entrée élevés - on me susurre dans l’oreillette que c’est une question de point de vue - G. Thomas à eu L’idée de réaliser un off de cette conférence. Une sorte de “Porto Alegre” du web : le web08-Off.

De cette manière, toutes celles et ceux qui ne peuvent ou ne souhaitent prendre une place, auront la possibilité de faire des rencontres et discuter de tout, de rien, des vaches… du web. Voir même de ne rien dire du tout et mirer en toute tranquillité, les nombreuses hôtesses recrutées pour l’occasion (dans tes rêves mon gars).

Mesdames, mesdemoiselles, accompagnatrices, sachez qu’il est hautement envisagé le recrutement de Chippendales. Au pire, Babozor pourra enfiler un T-shirt du plus bel effet, qui ravira ces dames.

Formidable non…

Plus d’info sur Le blog du web08 Off

En espérant vous y rencontrer.

Référencement et obligations de résultat

Mardi 15 juillet 2008

Le monde du référencement est, ou devrait être, en ébullition.

Un arrêt de la Cour d’appel de Montpellier 2ème chambre (du 01 juillet 2008), oblige un référenceur à exécuter son contrat, prévoyant un dédommagement de 50 € ht par positionnement non obtenu.

Il est intéressant de noter dans cet arrêt que le prestataire (le référenceur), s’est lui même “lié les mains” en introduisant une clause pour absence de résultat. Sans doute estimait-il que la dite clause lui apporterait crédit auprès de ces prospects et clients, et que jamais au grand jamais, ses clients n’exigeraient sa réalisation.

Résultat des courses, condamnation en appel, alors que les juges du fond avaient rejetés les demandes initiales du client. Reste la cassation cependant.

Quelques conseils pour éviter, tant que faire ce peu, ces petits désagréments :

  • Pour le référencement de votre site web, demandez des résultats chiffrés (quantitativement et qualitativement) et écris noir sur blanc.
  • Exigez une clause contractuelle indiquant des indemnités (en étant raisonnable cela va de soit) en cas de non résultats, ou résultat en deçà. En cas de refus, ou de tergiversation, changez de crémerie… elles sont nombreuses.
  • Pour les référenceurs, évitez de promettre mont et merveilles. Soyez humbles. Et si vous voulez vraiment gagner en crédibilité, proposez à vos clients une clause de versement d’indemnité pour absence de résultat.

Je rappelle qu’un site bien référencé est (entre autres choses) un site proposant un véritable contenu. C’est-à-dire avec un contenu textuel composé de véritable phrase, sujet+verbe+complément. Et que les internautes ne sont ni des enfants (au sens d’infantilisme) ni des robots prêts à cliquer sur tout ce qui bouge.

Enfin, le référencement est un travail de longue haleine qui nécessite temps et patience.

Facturer à la tête du client

Jeudi 24 avril 2008

Faces by Paulo ArrivabeneL’une des particularité de notre métier, c’est que nous travaillons sur un domaine ou les demandes sont extrêmement variable d’un client à l’autre.

Il est rare de se retrouver avec deux devis dont le montant serait identique. Si vous l’avez déjà fait, faite le moi savoir.

Pour ma part, en sept ans d’activité, je n’ai pas le souvenir d’avoir émis deux fois le même devis (au sens du montant).

Le corollaire de ces facturations à géométrie variables et qu’il nous est souvent reproché de facturer “à la tête du client”.

“La tête du client” justement, est sans doute un des facteurs les plus importants dans l’évaluation d’un budget. C’est en tous cas la thèse soutenu par Andy Rutledge dans son article “Calculating Hours - the Client Factors”. Ce qui nous donne dans la langue de Jean-Batiste : Calculer les heures : le facteur client.

Pour Andy l’appréciation du client, au sens large (sa capacité à prendre des décisions, son approche du travail, sa capacité à savoir ce qu’il souhaite…), est un facteur de majoration/minoration de la facture.

Et vous, prenez vous en considération ces facteurs pour établir vos devis ?

Photo d’illustration : Faces by Paulo Arrivabene

Ami(e) graphiste

Mardi 27 novembre 2007

Le travail d’intégration n’est pas un travail des plus intéressant, mais il est néanmoins nécessaire. J’aime comparer ce dernier, à celui des dentellières bretonnes du 19ème siècle. Toutes proportion gardées, cela va de soit.

Dans la plupart des agences, dont le processus de travail s’apparente plus à de la découpe charcutière (Monsieur F.W. Taylor reprendra bien une ch’tite tranche de saucisson ?) qu’à un réel travail Co-laboratif, le graphiste réalise la maquette et remet un fichier PSD à partir duquel le montage va pouvoir commencer.

Commencer, justement, est le bon terme. Le commencement du tripalium, de la souffrance pour être plus exact.

La plupart des graphistes qu’il m’a été donné de rencontrer possèdent un art consommé de l’esthétique. Ce qui est la moindre des choses me répondront les esprits chagrin.

Là où le bas blesse, n’est pas tant qu’ils aient reçu une formation “PRINT” mais bien le fait qu’ils ignorent les contraintes du milieux dans lequel ils exercent leur créativité : c’est-à-dire la création web. Ce qui, vous en conviendrez aisément (comme dirait le professeur Rollin), est tout de même fort de café (un grand merci à nos amis du Costa-Rica pour leur délicieux breuvage).

Il ne viendrait pas à l’esprit d’un graphiste “saint de corps et d’esprit” de remettre à son imprimeur un document RVB (nota: on me signale dans l’oreillette qu’il existe des têtes brulées dans toutes les professions). Alors SVP, arrétez de nous remettre des fichiers nécessitant mille-et-une retouches (d’odre non-esthétique ou graphique bien sûr).

La conception d’une page web ou d’un site met en jeux des contraintes spécifiques… au même titre que la création graphique.

Ces détails, qui n’en sont pas, échappent à nos amis graphistes qui préfèrent à tord ou à raison se concentrer sur la seule dimension “graphique” ou “esthétique” du dit site ou de la dite page. Omettant au passage l’une des dimension majeure de la création de site web le… le… le travail d’équipe (qui a soufflé ?).

Cet état ne devrait-il pas consister à “penser sa production”, non comme une fin en soit, mais comme la partie d’un tout ; repris et utilisable par d’autre ? Où dit autrement, de se penser en relation à l’autre. Car il faut bien l’avouer, l’autre existe (même si J.P. Sartre nous en dit la plus grande souffrance).

Aussi, c’est avec “le désir ardent d’un web radieux”, que je me décide à rédiger cette petite note en espérant que nos comparses auront pour nous webmestres ou intégrateurs, une petite pensée.

Ami(e) graphiste je t’implore, j’en appelle à ton sens des responsabilités et du travail bien torché fait (ahhhhh les délais… )…

Mon clavier à fourché…

Ce faisant, je te propose un petit mémo que tu pourras accrocher négligemment sur ton écran (en lui donnant toute l’inclinaison nécessaire) et qui te vaudra par l’usage que tu en feras, respect et admiration.

Petit mémo donc…

  • les typos système tu utiliseras et en nombre limité
  • L’approche augmenté ou diminué des lettres tu banniras
  • une grille dans ton travail tu useras et le calage nécessaire tu effectueras
  • tes calques et répertoires tu nommeras avec des noms explicite autre que copie 1 de…, copie 2 de…, copie 3 de…
  • des ombrages avec parcimonie et sens de l’à propos tu useras
  • En RVB tes documents tu éditeras
  • le pixel en unité de mesure photoshop tu régleras
  • une copie des typos non-système tu joindras
  • des dégradée en incrustation tu préféreras à l’outil éponyme
  • la palette des couleurs web par prédilection tu utiliseras
  • en 72 dpi tes documents tu remettras

J’ai l’audace de croire qu’ainsi, nos relations ne pourrons qu’être apaisées et basées sur un respect mutuel.
Serrons nous les coudes… nous sommes dans le même bateau.

Et comme aurait pus dire notre Charles national… non pas celui-là l’autre : vive le Web LIBRE

“Travailler plus pour gagner moins” : c’est possible

Jeudi 24 mai 2007

Voici une annonce, somme toute très banale, trouvée sur l’excellent site d’emploi Alsacréations :

Pour des missions de quelques jours à quelques semaines, nous sommes à la recherche d’un intégrateur XHTML / CSS2 Freelance.”
La maitrise parfaite de XHTML et CSS2 sur Firefox et internet explorer est indispensable, la connaissance de Javascript et AJAX est un plus.
Référence : xhtmlCSS_FREE
Type de contrat
Durée déterminée (CDD, …)
Durée (si stage ou CDD) :
Poste à pourvoir à une date précise : ASAP
Lieu : Paris (Ile de France)
Télétravail possible : non
Compétences requises
xhtml
css

Le petit détail qui m’a mis la puce à l’oreille est la présence concommitante d’une demande de free-lance et la mention “télétravail possible : non”.

Il va falloir que l’on m’explique comment un free-lance peut travailler autrement que par télétravail. N’essayez même pas de tenter une explication : il n’y en a tout simplement pas. Ou plutôt si, il en existe une mais elle est d’ordre pécuniaire pour l’entreprise qui s’engage dans cette voie.

Je rappelle à cette entreprise de Neuilly-sur-où-vous-savez, que le délit de travail dissimulé est constitué, entre autre, lorsqu’une entreprise a eu recours à des pratiques de fausse sous-traitance, c’est-à-dire si, sous couvert d’un contrat de sous-traitance, elle emploie des travailleurs en état de subordination caractérisant un travail salarié… Le travail dissimulé ou clandestin est susceptible de sanctions pénales (3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende).

La prison, fût-elle avec sursis, n’est pas faite que pour la “racaille karchérisée”. Toi aussi, avec ton T-shirt sympa, ton jean “Diesel” et tes baskettes “Puma”, tu y as droit (tiens ça me fait penser à une chanson du Klub des Loosers).

J’imagine d’ici la tête des gens de l’ursaaf qui se frottent les mains avec les pénalités de retard… en plus du principal.

Vous vous dites, et c’est compréhensible “Eh Dame tartine… t’en rajoutes pas un peu là ?” (à prononcer avec l’accent québéquois de tetesaclaques.tv) . Ami lecteur, la réponse est négative : un rapide coup de téléphone à la société m’apprend qu’il faut travailler sur place ; c’es-à-dire au sein de l’entreprise ou en déplacement chez le client.

Je fait gentiment remarquer à mon interlocuteur, qu’il y a comme une “odeur de poudre sur cet état de fait” (le freelance, le lieu travail, tout ça quoi)… silence géné de ce dernier.

M’est avis qu’il y un lien de subordination. Tient ça sent la “requalif” en CDI pour ceux que ça tente.

Dame Tartine… en rajoute une couche

Le client a toujours raison… puisqu’il paye

Mercredi 16 mai 2007

Où l’on apprend que la conception d’e-mail répond à un tropisme absolu : le client à toujours raison… puisqu’il paye.

Le passage en agence est toujours une expérience enrichissante. Elle vous permet de réévaluer votre travail à l’aune des lois (effectives) du marché. Ainsi donc de cette expérience où un fabricant d’OS me demande (via l’agence) de concevoir un e-mail corporate à destination de ses “grands comptes”.

Lorsque je dis concevoir, le terme est excessif, puisque le mail était déjà existant, et qu’il me faut l’adapter à une nouvelle trogne. OK, no problemo, codage “old school”, URLs qui vont bien et tracking idoine. Passage en validation pour BAT (vous remarquerez ici le pillage sémantique du off-line). Retour à l’envoyeur. Motif : notre interlocuteur ne parvient pas à faire un copier/coller dans word ??? Je dois donc lui faire parvenir, séance tenante, un mail en format word (un .doc pour être plus précis).

Je fais remarquer à la chargée du dossier que cela n’a pas lieu d’être dans la mesure ou un e-mail n’a pas pour vocation première à être ouvert dans ce logiciel et que ce faisant il nous est impossible d’en garantir le rendu. Mais celle-ci insiste et me demande de faire ce que le client souhaite, point barre.

Je propose que nous en discutions avec le client et lui expliquer les tenants et aboutissants.
- “Discuter avec le client surtout pas … on ne discute pas avec le client”.

Petit aparté pour faire remarquer que la notion de conseil tant vantée par l’agence (conseils en communication (sic)) en prend un sacré coup dans l’aile. La valeur ajoutée aussi par ailleurs… mais encore faut-il avoir conscience de la relation entre ses deux éléments.

À ce stade, deux attitudes possibles :
- ou bien je refuse, par amour du métier de faire ce qu’il convient d’appeller une daube
- ou bien je m’execute au motif que “le client a toujours raison puisqu’il paye” .

On m’informe, dans l’oreillette, qu’outlook 2007 utilise le moteur de rendu de… WORD… Et que cela ne facilitera pas l’écriture du code.

Faites donc un petit benchmark sur les webservices, les gestionnaires de mail et les PDA : ça part dans tous les sens. L’écriture d’un e-mail n’était déjà pas simple , mais là ça devient vraiment du “brutal”. On dit merci à qui… merci monsieur Bill.
Pour ceux que cela intéresse, il existe une alternative au produit de ce monsieur : Thunderbird. Vous n’êtes pas obligé de l’adopter, mais essayez le au moins.

“Mais Dame Tartine… où c’est qu’tu veux nous enmener là ?” Et bien tout ce billet pour mettre en lumière une mécanique de production et accessoirement un rapport entre les acteurs :

  1. Le client émet une demande.
  2. Le commercial (appelé aussi Consultant) transmet la “commande” au webmestre (avec toutes les déformations que cela suppose).
  3. Le webmestre explique en retour que certains éléments ne conviennent pas.
  4. Le commercial ne veut pas prendre son téléphone pour expliquer en quoi la demande ne va pas dans le bon sens . Trop peur de perdre son client et la prime le budget qui va avec.
  5. Le client ne prend pas la bonne décision, puisque non conseillé et informé de l’impact de ses choix.
  6. Le webmestre execute un travail “à l’arrache”.
  7. Personne n’est satisfait du résultat (ah si, le commercial qui a une prime sur le montant du budget obtenu).

D’où une série de questions en contrepoint :

  1. À quand une prime sur “budget conservé/renouvelé” pour les commerciaux.
  2. Le commercial est-il une nouvelle branche d’Homo Erectus ?
  3. Le client est-il une personne adulte susceptible d’entendre le mot “NON” ?
  4. Y a t-il un enjeux pour le client à ce que le travail soit “bien” réalisé ; ou dis autrement, quelle est l’implication de notre interlocuteur ?
  5. Peut-on faire le bohneur des gens contre leur gré ?

Dame Tartine… en rajoute une couche