Intermediation : où l’art de foutre un projet en l’air

Le titre est un poil racoleur je vous l’accorde. Néanmoins, il a comme principale vertue de “mettre les pieds dans le plat”.
Dans nos métier où l’expérience permet bien souvent d’envisager la plupart (pas tous) des problèmes à venir et les solutions à mettre en œuvre pour les éviter , “bien se faire comprendre” est une gageure. Force est de constater qu’en la matière, l’intermédiation est véritablement un fléau : le furoncle de la production web.
Par intermédiation j’entend un acteur économique (au hasard, une agence web) qui est en relation directe avec un donneur d’ordre (le client), et qui fait appel pour moultes raisons, bonnes ou mauvaises, à un autre acteur économique (généralement une autre agence web plus petite) qui elle même fait appel à un acteur economique plus petit qu’elle : j’ai nommé le freelance.
Résultat des courses, nous nous retrouvons dans une situation dans laquelle les interlocuteurs :
- ne sont pas décisionnaires ; “je vais demander à X qui validera une foi que le client final lui aura donné sont aval”.
- ne connaissent pas réellement les desiderata du client ; l’information est rarement de première main et est donc déformée
- ne savent à aucun moment imposer un style ou une manière de faire le web ; il s’agit ici de faire : des boîtes de conserves, des sites internet, des aspirateurs (rayer la mention inutile). L’objet à “faire” est ici totalement interchangeable.
- ont des demandes à courte durée de vie - jusqu’à ce que l’intermédiaire de niveau supérieur ne change d’avis - et farfelues ; menu à trois niveaux
- manquent d’expérience (de bouteille dirons-nous) dans la gestion de projet
C’est pas bioutifoul ça, elle est pas belle la vie… ahhhh Claude si tu peux nous lire d’où tu es…
Par ailleurs, il n’y a aucun suivi sur la manière dont votre travail sera ou non reçu. Ni même aucune garantie sur son utilisation ; ce qui est extrêmement frustrant. Vous vous enquiquinez à faire un code valide quasi immédiatement plombé par un autre intervenant qui ne s’embarrasse pas de validation.
Il n’est déjà pas évident de présenter un travail, un point de vu avec un client en directe, alors je vous laisse imaginer ce que cela peut donner ne serait-ce qu’avec deux niveau. C’est le monde des SHADOKS.
Rigolo vu de l’extérieur. Mais quand vient son tour de pomper… c’est une autre histoire
Mon expérience me montre qu’il n’est jamais bon d’arriver sur un projet déjà bouclé où l’on vous fais faire des “pièces du puzzle”. Si vous êtes comme moi et avez besoin (d’un point de vue intellectuelle et pour la motivation) de connaître les choix et décisions qui président à l’existence d’un projet, fuyez ces propositions… sauf si vous avez besoin de vous payer l’assiette dans laquelle vous mettrez, peut-être, du beurre et des épinards (ça c’est pour plus tard)…
Dame Tartine en rajoute une couche…