Le client a toujours raison… puisqu’il paye

Où l’on apprend que la conception d’e-mail répond à un tropisme absolu : le client à toujours raison… puisqu’il paye.

Le passage en agence est toujours une expérience enrichissante. Elle vous permet de réévaluer votre travail à l’aune des lois (effectives) du marché. Ainsi donc de cette expérience où un fabricant d’OS me demande (via l’agence) de concevoir un e-mail corporate à destination de ses “grands comptes”.

Lorsque je dis concevoir, le terme est excessif, puisque le mail était déjà existant, et qu’il me faut l’adapter à une nouvelle trogne. OK, no problemo, codage “old school”, URLs qui vont bien et tracking idoine. Passage en validation pour BAT (vous remarquerez ici le pillage sémantique du off-line). Retour à l’envoyeur. Motif : notre interlocuteur ne parvient pas à faire un copier/coller dans word ??? Je dois donc lui faire parvenir, séance tenante, un mail en format word (un .doc pour être plus précis).

Je fais remarquer à la chargée du dossier que cela n’a pas lieu d’être dans la mesure ou un e-mail n’a pas pour vocation première à être ouvert dans ce logiciel et que ce faisant il nous est impossible d’en garantir le rendu. Mais celle-ci insiste et me demande de faire ce que le client souhaite, point barre.

Je propose que nous en discutions avec le client et lui expliquer les tenants et aboutissants.
- “Discuter avec le client surtout pas … on ne discute pas avec le client”.

Petit aparté pour faire remarquer que la notion de conseil tant vantée par l’agence (conseils en communication (sic)) en prend un sacré coup dans l’aile. La valeur ajoutée aussi par ailleurs… mais encore faut-il avoir conscience de la relation entre ses deux éléments.

À ce stade, deux attitudes possibles :
- ou bien je refuse, par amour du métier de faire ce qu’il convient d’appeller une daube
- ou bien je m’execute au motif que “le client a toujours raison puisqu’il paye” .

On m’informe, dans l’oreillette, qu’outlook 2007 utilise le moteur de rendu de… WORD… Et que cela ne facilitera pas l’écriture du code.

Faites donc un petit benchmark sur les webservices, les gestionnaires de mail et les PDA : ça part dans tous les sens. L’écriture d’un e-mail n’était déjà pas simple , mais là ça devient vraiment du “brutal”. On dit merci à qui… merci monsieur Bill.
Pour ceux que cela intéresse, il existe une alternative au produit de ce monsieur : Thunderbird. Vous n’êtes pas obligé de l’adopter, mais essayez le au moins.

“Mais Dame Tartine… où c’est qu’tu veux nous enmener là ?” Et bien tout ce billet pour mettre en lumière une mécanique de production et accessoirement un rapport entre les acteurs :

  1. Le client émet une demande.
  2. Le commercial (appelé aussi Consultant) transmet la “commande” au webmestre (avec toutes les déformations que cela suppose).
  3. Le webmestre explique en retour que certains éléments ne conviennent pas.
  4. Le commercial ne veut pas prendre son téléphone pour expliquer en quoi la demande ne va pas dans le bon sens . Trop peur de perdre son client et la prime le budget qui va avec.
  5. Le client ne prend pas la bonne décision, puisque non conseillé et informé de l’impact de ses choix.
  6. Le webmestre execute un travail “à l’arrache”.
  7. Personne n’est satisfait du résultat (ah si, le commercial qui a une prime sur le montant du budget obtenu).

D’où une série de questions en contrepoint :

  1. À quand une prime sur “budget conservé/renouvelé” pour les commerciaux.
  2. Le commercial est-il une nouvelle branche d’Homo Erectus ?
  3. Le client est-il une personne adulte susceptible d’entendre le mot “NON” ?
  4. Y a t-il un enjeux pour le client à ce que le travail soit “bien” réalisé ; ou dis autrement, quelle est l’implication de notre interlocuteur ?
  5. Peut-on faire le bohneur des gens contre leur gré ?

Dame Tartine… en rajoute une couche

4 commentaires pour “Le client a toujours raison… puisqu’il paye”

  1. Gregoire dit :

    Toi, tu n’as pas du apprécier ton passage en agence… Peut-être n’es tu pas tombée sur les bons commerciaux / consultant.

    Il existe aussi des commerciaux qui assument leurs reponsabilités, qui écoutent ce que leur disent leur techos et qui font de la pédagogie (ou du conseil c’est selon) à leurs clients. Si si, ça existe !

  2. admin dit :

    Le fait est que la plupart de mes passages en agence m’on amené à esquisser ce type de rapport (qui fait quoi) et de méthodologie de travail (comment le fait-on) si l’on peut appeller ça ainsi, comme étant la méthode de travail par défaut des agences. A aucun moment je n’ai entendu : “… attend, prenons un papier et un crayon et réfléchisssons y… “

    Je suis très attentif à l’écart qu’il peut exister entre le discour et les actes, et force et de constater que les discours remplis de bonnes intentions s’évanouissent dès lors qu’il s’agit de produire dans des délais de plus en plus court. Peu à peu on élague ce qui ne semble pas (probablement par ignorance ou par confort intellectuel) être immédiatement productif.

    Nul doute qu’il existe des commerciaux/consultants consciencieux. Mais j’aurais tendance à penser que cette catégorie dont nous parlons et que tu prend en exemple n’est pas la plus représentative de la profession d’une part et des pratiques d’autre part.

  3. bruno bichet dit :

    Je suis d’accord avec Gregoire : les bons commerciaux existent. Je suis quand même bien d’accord avec “Dame Tartine” pour dire qu’”à l’ère du “one shot” la plupart des commerciaux/consultants sont quand même bien frileux.

    Et pour rebondir sur le billet parlant de free-lance, c’est clair qu’on a plus de marge pour faire de la pédagogie aurpès des clients quand on est libéré du lien de subordination…

  4. Gisements de Silice dit :

    Merci pour ces informations et félicitations pour ce site :)

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