10 “NON!” fermes pour les freelances

Et pour commencer l’année 2008 en beauté, voici la traduction d’un article paru sur WAKE UP LATER : 10 Absolute “Nos!” for Freelancers.

Un grand merci à Julien pour l’aide à la traduction.

1) Pouvez vous me faire une maquette pour m’aider à choisir un design ? NON

Je l’ai fait une fois quand j’étais jeune et naïf. Je n’ai pas fait un centime et j’ai perdu beaucoup de temps. Ne commencez pas un travail non rémunéré dans l’optique d’être payé plus tard. Cela ne se passe pas comme ça dans la plupart des autres secteurs d’activité, alors pourquoi pour la conception de site internet ?
Dans le meilleur des cas (souvent rare), vous faite un travail avec un client qui sait que vous travaillerez gratuitement quand cela sera nécessaire.
Le pire des cas est qu’il [ndlr : le client] ne vous paiera pas, et utilisera vos travaux, sachant que vous ne pouvez pas vous retourner contre lui. Le plus souvent vous perdrez du temps.

2) Pouvez-vous me faire un prix ? NON

Il y a énormément d’entreprise qui envisagent le service de création de site web comme ne valant pas plus de 20 $ [ndt:15 € au 3/01/08] de l’heure. Elles ne devraient jamais être vos clients. Dans les premières années après mes études, mon mot d’ordre était “obtenir le contrat à tous prix”, j’acceptais une montagne de boulot rapporté à la paye.
Laissez moi vous expliquer pourquoi cela n’est pas la bonne méthode. Jamais.
D’un coté, vous faite une faveur à une entreprise, mais de l’autre vous vous tirez une balle dans le pied.
Dorénavant, je donne mon taux horaire immédiatement, et cela élimine pas mal de client potentiel.
L’équation est simple : si vous doublez votre tarif horaire en ne faisant fuir que la moitié de vos client, vous gagnez la même chose qu’avant… mais en moitié moins de temps.
Si vous faite du bon travail, faite vous payer pour ça. Il y aura toujours des “entreprises” comparables qui factureront le double.

3) Est-ce que vous prendrez en charge le dépôt de mon nom de domaine et l’hébergement du site ? NON

Cela semble une bonne idée… des recettes régulières. Pourquoi pas… si vous pouvez d’abord les amener à payer, et puis si vous voulez gagner 10 $ [ndt:7 € au 3/01/08] par mois pour devenir une hot-line que l’on appelle à toutes heures du jour et de la nuit.
Une fois que le client pense que vous êtes responsable de ces emails et des fonctionnalités de son sites, vous serez appelé en permanence quand ces emails montrerons la moindre défaillance ou une page 404 apparaîtra pour une raison quelconque sur son ordinateur.
Croyez le ou non, j’ai connu quelqu’un qui avait un client qui l’appellait à propos des fonctionnalités de son téléphone portable, juste parce que mon ami hébergeait son site.
Ne le faite pas… ça ne fonctionne pas. Donnez leur le nom d’un “gestionnaire de nom de domaine” et d’un hébergeur et laissez les se débrouiller eux-même.

4) Pouvez-vous reproduire ce site ? NON

Vous pouvez penser que je répondrais “NON” d’un point de vue strictement moral, et cela est vrai, mais il y a d’autres raisons.
Premièrement, s’ils vous demandent de “reproduire” un site, cela signifie qu’ils ont une éthique douteuse, et les chances d’obtenir un paiement en temps et en heure et sur la totalité du montant est peux probable.
Deuxièmement, faire ce type de boulot vous réduit à être un singe et bien que certains de vos travaux puissent être fait comme ça pour payer les factures, pourquoi continuer de cette façon ?
Troisièmement, si c’est une vrai copie, le seule bénéfice que vous en tirerez sera pécunier ; vous ne pourrez pas vous en prévaloir dans un portfolio ou des exemples de travaux, en outre, ce type de client et de l’un de ceux avec lequel vous ne devriez pas retravailler pas dans le futur.

5) Puis-je payer mon site d’e-commmerce avec une participation sur les ventes ? NON

Je déteste être pessimiste mais quand un client me pose cette question, je meurs d’envie de lui dire qu’il ne fera probablement pas d’argent avec son site et que ça revient donc à me demander de bosser gratuitement.
Bien sûr, il y a parfois des exceptions. Il m’arrive donc de temps en temps de me renseigner sur leur business-model, leur plan marketing, leurs projections financières… qui font défaut dans 99% des cas. Les clients s’imaginaient juste que la vente de t-shirts en ligne serait une révolution dans la net-économie.
Dans ces cas, je m’embarque dans un speech sur le fait que j’ai des bouches à nourir, que je ne peux pas travailler en échange de revenus incertains — puis je finis par leur parler de Yahoo!Shopping ou CafePress, et 9 fois sur 10, ils abandonnent leur idée.

6) J’ai une idée formidable. Est-ce que vous voudriez… ? NON

Cette proposition s’apparente à la précédente, mais vous fera potentiellement perdre beaucoup plus de temps si vous l’acceptez.
Encore une fois, ne faîtes pas l’enfoiré, mais si votre interlocuteur n’a rien d’autre qu’une idée, votre participation relèvera de l’acte de charité (ce que vous pouvez néanmoins décider sciemment de faire).
Et à vrai dire, je préfère être charitable envers ma famille et mes proches en les associant gracieusement à mes projets plutôt que de me trouver un associé qui serait un inconnu. Croyez moi, si quelqu’un a une vraiment super idée, il vous associera ET vous rémunérera.

7) Est-ce vous avez un compte de messagerie instantanée ? NON

Je le donnerais si il s’agit d’une personne en laquelle j’ai confiance sur un gros projet, mais d’une manière générale je dis au client que c’est dans ma politique de ne pas de faire. Les raisons ici sont évidentes : vous avez une vie et d’autres clients.
Certains clients vous voient comme des employés de support téléphonique, est ce n’est pas une bonne chose. C’est bien la raison pour laquelle vous avez quitté votre boulot de salarié, non ?

8 ) Puis-je payer le montant principal quand le site est prêt ? NON

Je demande 50% d’avance (à moins que ce ne soit un projet formidable, dans ce cas 33%)
J’ai besoin de l’assurance qu’ils [ndt: mes clients] soient “impliqués” dans un projet, et que de cette manière je puisse planifier mais revenu, payer mes factures, et manger. Les gens qui veulent vous payer à la fin, on tendance à se dérober [ndlr : pour payer] après que vous ayez remis votre travail.

9) Pouvez-vous faire ça ce soir ou ce week-end ? NON

Une fois qu’ils savent que vous les avez aidé, ils l’exigeront dans le futur. Vous pouvez décider de travailer en plus la nuit (je le fais tout le temps), mais ne commencez pas à promettre monts et merveilles à propos de travaux que vous effectuez le week-end ou en vacances. Je connais des freelances qui facturent également les soirs et week-ends. Ca peut être une option à envisager. Au fait, vous êtes freelance parce que cela vous permet d’être plus libre hein ? pas vrai hein ? dîtes  ?

10) Est-ce que je peux être sûr que vous ne réutiliserez pas ce travail ailleur ? NON

C’est un sujet très sensible car la plupart des clients ne le comprennent pas (la propriété intellectuelle est un sujet très complexe). Dans mes “conditions de vente” [ndlr : CGV] que je fais signer par chaque nouveau client, je fais en sorte qu’ils sachent que
(1) leur code utilise du code issu d’autres projets sur lequel ils ne paient aucun droit supplémentaire
(2) j’utiliserais probablement le code de leur projet dans d’autres projets
(3) qu’ils sont propriétaire du code et son implémentation dans le projet finalisé, mais non les bouts de code actuels.
Je suis fière de ma productivité et de ma rapidité, et j’ai besoin de réutiliser des bouts de code existant pour y arriver.
Vu que les clients ne vous payent pas pour livrer un code qu’ils vont ensuite revendre, assurez-vous qu’ils sachent qu’ils sont propriétaires du site (i.e. le résultat de l’utilisation de code) et non de son code source.

Il manque sûrement des choses dans cette liste, alors n’hésitez pas à l’enrichir de vos points de vue et expériences… et rappelez vous que votre succès provient autant des opportunités que vous saisissez que de celles que vous déclinez.

Et vous, quelles sont vos anecdotes en la matière ?

3 commentaires pour “10 “NON!” fermes pour les freelances”

  1. Véronique Sayasenh dit :

    Enseignante dans des écoles d’ingénieurs (cours “gestion de projet”) je me ferai un plaisir de communiquer ces recommandations aux élèves. Grand merci au site d’origine et au traducteur !

  2. Carnet Web de Sébastien De Bollivier » Archive du blog » Mal mener un projet dit :

    […] emploi, ne pas savoir dire non ou négocier certains points. J’aurai du suivre notamment ces principes évidents. Malheureusement motivé au début, j’ai vite appris le poids de mes erreurs décisionnels. […]

  3. tetue dit :

    Ça fait toujours du bien de relire ce genre de conseils. Grand merci !

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